Je n'ai pas le temps... ou la gestion des priorités
Posté le dimanche 16 août 2009 par Oelita, rubrique Psycho
Quand on dit "Je n'ai pas le temps de faire cela", est-ce vrai ? Pour être encore plus précise, quand on dit "J'aimerais tant faire cela, mais je n'en ai pas le temps !", est-ce bien vrai ?
C'est un sujet qui m'a toujours titillée, qui m'a poussée à étudier les méthodes d'organisation et de gestion de todo-listes, comme GTD (eh, mais je n'ai jamais parlé de GTD sur ce blog ! Faudra que je rattrape ça... ). Qui m'a fait découvrir aussi le blog ZenHabits, qui parle des projets de vie et de la simplicité volontaire. Qui m'a poussée à lutter contre la procrastination (sans beaucoup de succès), afin de trouver un peu plus de temps libre, toujours, pour faire encore plus de choses, car j'ai mille envies. Puis à me demander si cette lutte permanente contre le temps était réellement une bonne idée, puisque j'aurai toujours des choses dont j'ai envie mais que je ne pourrai pas faire.
Il faut dire aussi qu'en ayant 5 enfants, j'ai souvent droit à des remarques du style "Mais comment fais-tu pour trouver le temps de faire ça (gérer 2 sites web, faire du jardinage ou de la déco, etc. ) ?". A chaque fois, moi, je m'étonne que d'autres parents ne trouvent jamais le temps de rien faire (selon leurs dires !) avec seulement 1 ou 2 enfants. Il y a 2 éléments différents qui s'entremêlent, en fait, dans ce constat souvent négatif :
- Chacun ne compte pas le temps consacré aux taches qu'il ressent comme "obligatoires" (pas les mêmes pour tout le monde !), comme étant du temps "libre".
- Chacun a également des occupations qu'il ne "voit" pas comme dévoreuses de temps.
Ce sont les deux premiers points à étudier quand on sent confusément qu'on manque de temps, et qui se résument à : quelles sont les activités que je peux zapper, ou au moins diminuer, pour me dégager du temps libre ?
Le 3ème point, cependant, est le plus important pour ne pas se re-poser la question à nouveau dans 6 mois : pour faire quoi d'autre à la place ? J'ai envie de quoi ? Qu'est-ce qui est important pour moi ? Qui me frustre le plus quand je ne le fais pas ?
Récemment, j'ai adoré cet article trouvé chez The happiest mom (une source d'inspiration formidable, j'apprécie énormément Meagan Francis dont j'ai lu le livre Table for eight). C'est celui qui m'a poussée à enfin écrire un billet sur ce thème.
Is it really that you DON’T HAVE the time? Or are you scared to try something new or afraid you’ll look selfish if you take time away from your family?
If I truly WISH I had time to do something, then I need to MAKE time for it
Le plan d'action générique que m'inspire cet article, et tout ce que j'ai lu sur le thème du développement personnel depuis un ou deux ans, est donc le suivant :
- Réduire les occupations stériles. Ni utiles, ni agréables. Ou plutôt : moins utiles et moins agréables que d'autres. Là, je ressors toujours le même exemple
: je sais que certaines aiment bien repasser (!), et que d'autres n'acceptent pas de voir porter des vêtements un peu froissés, mais pour moi, le repassage est une occupation stérile, donc éliminée depuis longtemps. A vous de trouver les vôtres. - Être lucide sur ce que l'on fait. Quitte, comme avant d'attaquer un régime, à noter pendant une semaine, toutes nos occupations, dûment minutées. Ah ouiiiii, on a passé 7h30 dans la semaine à regarder des émissions télé qui ne volent pas haut et nous ont juste tiré quelques sourires, et surtout fait soupirer sur la nature humaine. Revoyons un peu le point 1...
- Savoir renoncer. A ses propres envies (parce qu'on ne peut pas tout faire, alors il vaut mieux en faire moins, mais mieux). A celles des autres (ce qu'on nous demande, ou ce qu'on attend implicitement de nous, ou ce qu'on croit que les autres attendent de nous... aaah le plus piégeux, ça !). Aux tentations (le retour de la procrastination !). Sans culpabilité (surtout par rapport aux envies des autres).
- Être lucide sur ce que l'on désire faire. OK, j'ai toujours rêvé de savoir peindre. Autre chose que des murs, je veux dire. Mais bon, soyons honnête, si je mets en balance "m'inscrire à un atelier de dessin-peinture et y consacrer 4h par semaine", et "consacrer 4h par semaine à améliorer mes sites web", je choisis sans aucune hésitation mes sites web. C'est plus important pour moi. Du coup, je me dis que la peinture, c'est juste une jolie idée. J'arrête donc, dorénavant, de dire "j'ai toujours rêvé d'en faire", car ce n'est pas vrai. C'est juste un : "Ça doit être cool de savoir peindre". Ce qui est très différent.
- Savourer ce que l'on fait par choix. La dernière amélioration que j'ai apportée sur mon site TourDeJeu (qui illustre ce billet), je ne me suis pas dit (comme je l'aurais fait il y a peu... ) : "Bon, enfin une chose de barrée sur ma todo-liste de 3km, pfff dire que je voulais le faire depuis 2 ans, c'est pas trop tôt, faut vraiment que je trouve du temps pour avancer plus vite !". Non. Je me suis dit : "J'ai bien fait de consacrer 3 journées entières, en posant des RTT, pour réaliser cette évolution du site, c'était vraiment important pour moi, et je suis fière de ce que ça donne, ça me motive pour continuer !". Et surtout, pendant ces 3 jours-là, je me sentais une énergie folle, parce que j'avais un vrai plan d'action ! Idem à chaque fois que je suis allée à la salle de sport avec mon ado, en nous motivant mutuellement. Même si ça ne m'a pas beaucoup musclée parce que je n'y allais pas assez souvent, le but était de me vider aussi un peu la tête, et de partager un truc avec mon fiston. Je le savais, et ça me rendait contente.
- Prendre régulièrement un peu de recul sur tout ça. Ses choix. Ses priorités. Rien n'est définitif. Je crois que je ne vais pas renouveler mon abonnement à la salle de sport, mais ce fut une bonne chose d'y être allée. Je continue à regarder certaines bêtises à la télé, parce que ça me détend et que je passe un bon moment avec mes enfants, mais j'en ai supprimé d'autres. Je vois que mon plan RTT a été très bénéfique aussi, mais je vais manquer de RTT, donc il va falloir passer au plan supérieur. Etc.
Voila pourquoi je vais passer à 3/5ème de temps au lieu de 4/5ème pour mon boulot à partir de septembre. J'ai testé la formule en posant un jour de congé par semaine depuis mai (j'en avais en réserve). J'ai fait un calcul pour la perte de salaire. Go ! Et pour le reste de ce qui peut me faire rêver à un moment ou à un autre, je ne dirai plus "Je n'ai pas le temps", mais "J'ai d'autres priorités". Hop.
Mots-clés : oelita
, organisation 
10 commentaires
C'est une des questions que l'on entend le plus fréquemment quand on dit qu'on a une famille nombreuse. Avec 5 enfants et un job, je l'entends particulièrement souvent.
Pas de contraintes horaires, je rentre à l'heure que je veux, je sors si je veux. Ou pas. Les repas ? On se débrouillera avec ce qu'il y a dans les placards et le frigo, il faut tellement peu de choses quand on n'est que 2 et pas 7 (dont 3 ados morfales, rappelons-le) ! Au pire, on ira au resto (trop dur !). Tiens, la corbeille à linge n'est même pas encore remplie. Et si je trainais 1h sous la douche sans me soucier de laisser de l'eau aux suivants ? Mon agenda est où, au fait ? Bah je le chercherai dans 10 jours... Ya pas foot, ya pas garderie, ya pas solfège, c'est dingue. En prime, au boulot, ya même pas de réunions, c'est vraiment une période de ouf.
L'organisation familiale, c'est un peu mon dada récurrent
. Ptet que je tiens quand même un peu à mon bazar, aussi, donc je ne sais pas si ça me conviendrait.
. Certains sont périmés (leur sujet n'est plus d'actualité). D'autres sont davantage des pense-bête pour moi que de vrais brouillons de billets. Ca en laisse quand même au minimum 50.
Si une de vos bonnes résolutions 2008 est de mieux gérer votre budget familial, j'ai deux articles super intéressants pour vous :
J'ai suivi récemment une formation pour "être efficace". Bon, OK, je n'ai été qu'au premier jour sur 3, parce que le soir même, le stress m'avait bloqué le dos. (La fatigue des grèves avait aussi joué, certes.)



; idem avec celui-ci pour bloglines : 
. Cherchez le sur le site une icône comme ça :
Le premier que j'ai trouvé, c'est sur le site de mon magazine préféré : 
L'intérêt, à part de rigoler sur ce mix-up sympathique ? Motiver les "joueurs" à bien déclarer leur suivi de tâches, et du coup avoir un système assez fiable pour savoir vraiment qui fait quoi, voir si tout ça est équitable ou pas, et organiser le tout. On peut aussi, disent les concepteurs du site, l'utiliser pour gérer les tâches qu'on attribue à des enfants et les motiver à participer plus activement ! J'ai des doutes, mais bon, c'est marrant en tout cas.



Un organiseur mural familial de chez Oxford (le FLO, il s'appelle comme Family L... Organizer... je ne le trouve plus sur leur site !). Un truc super malin, plein de fonctions pratiques et bien fichu. Sur un grand carré de carton à accrocher au mur, on trouve un agenda hedomadaire et un mensuel, 5 petites pochettes à messages, un bloc de papier, un accroche-stylo, un répertoire, et une pochette plus grande. J'en avais causé avec femmeactive



