La banlieusarde prend le bus de son ex-vie de parisienne
Posté le vendredi 19 février 2010 par Oelita, rubrique Perso
Il y a 3 ans, je racontais mes trajets de banlieusarde tranquille. Dans les commentaires, je me prenais à croiser les doigts pour mon entreprise ne déménage pas. Je n'ai pas dû les croiser assez fort...
Mon bureau n'est plus à 15 minutes à pieds de ma gare parisienne, hélas ! Cela fait deux mois, désormais, que je dois prendre le métro, comme tout le monde. J'ai failli en pleurer de désespoir et donner ma démission illico la première fois que j'ai emprunté ce trajet infernal. Qui, de plus, me fait perdre 25 minutes supplémentaires matin et soir. Heureusement que je suis passée au 3/5ème, c'est déjà ça de gagné.
Je dois prendre 2 métros successifs pour atteindre mon nouveau bureau, relégué à une lointaine porte de Paris. Le premier trajet est heureusement court, car il est bondé. Le deuxième est plus tranquille, je peux bouquiner, c'est déjà ça... Mais je déteste tellement ces tunnels, ces escaliers, cet enfouissement souterrain ! Il y a bien une autre solution : celle de prendre le bus. Un bus direct dessert effectivement ma porte de périphérique depuis ma gare ! Ce doit être long, embouteillé, bondé... et puis il faut déjà arriver jusqu'à l'arrêt de bus, de l'autre côté de la gare.
Un jour où les écrans de la ratp (quelle bonne idée ils ont eue là !) m'a indiqué que mes deux lignes de métro étaient perturbées par des soucis techniques et un voyageur malade, j'ai décidé de tester le bus. Après tout, quand j'étais parisienne, j'adorais prendre le bus ! En effet, je suis née à Paris, j'y ai grandi, et j'y ai vécu jusqu'à la naissance de mon 3ème enfant, soit 28 ans de vie parisienne intra-muros. Mon père, très à cheval sur les horaires, me répétait toujours "Ne prends pas le bus si tu as un rendez-vous, tu seras forcément en retard !". Je le prenais donc pour me balader... parfois même au hasard, pour faire la touriste !
Bref, j'ai testé ce trajet en bus. Et là, chance, très peu de monde dans le bus. Re-chance, ça roule assez bien. Il faut dire que j'arrive tard le matin, l'heure de pointe est bien calmée. Je me détends un peu. Et paf, je me prends mon ex-vie de parisienne en pleine figure.
Un bus parisien des années 80... (photo prise chez cette association)
Car le bus passe par des quartiers où j'ai vécu. La maternité où je suis née (et où ma mère, avant moi, est née aussi !). Le coin de mes magasins bobos préférés. La boutique où j'ai acheté une moquette en 90, tiens, elle existe encore. Le boulevard où mes parents habitaient à ma naissance. Le parc romantique où je me promenais souvent quand j'étais étudiante. La mairie de mon premier mariage. Le quartier de mon dernier appartement parisien, où je faisais mes courses il y a 15 ans. L'immeuble où mon mari a travaillé un temps. Le restaurant où nous avons fêté l'anniversaire de mes parents. Le théâtre où j'avais pris un abonnement. Le théâtre où ma mère m'emmenait (ce n'est pas le même). La première école maternelle de mes enfants.
Wow, tous ces souvenirs d'un seul coup. Dans le désordre. En vrac, même. Emouvant, pas forcément facile. Rassurant quand même aussi. Des endroits que j'ai déjà souvent revus. D'autres, non.
Je suis arrivée à mon bureau. J'ai mis le même temps qu'en métro, finalement. C'est moins pénible que les tunnels. Je le reprendrai. Pas tout de suite, le temps que je réceptionne tout ça...
NB : J'ai mis plusieurs semaines avant de retenter la chose. Hier. Je l'ai repris ce matin aussi. Le soir, malheureusement, c'est impossible, trop d'embouteillages, ce serait encore plus stressant que le métro.
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3 commentaires
Quand on dit "Je n'ai pas le temps de faire cela", est-ce vrai ? Pour être encore plus précise, quand on dit "J'aimerais tant faire cela, mais je n'en ai pas le temps !", est-ce bien vrai ?
: je sais que certaines aiment bien repasser (!), et que d'autres n'acceptent pas de voir porter des vêtements un peu froissés, mais pour moi, le repassage est une occupation stérile, donc éliminée depuis longtemps. A vous de trouver les vôtres.
C'est une des questions que l'on entend le plus fréquemment quand on dit qu'on a une famille nombreuse. Avec 5 enfants et un job, je l'entends particulièrement souvent.

Pas de contraintes horaires, je rentre à l'heure que je veux, je sors si je veux. Ou pas. Les repas ? On se débrouillera avec ce qu'il y a dans les placards et le frigo, il faut tellement peu de choses quand on n'est que 2 et pas 7 (dont 3 ados morfales, rappelons-le) ! Au pire, on ira au resto (trop dur !). Tiens, la corbeille à linge n'est même pas encore remplie. Et si je trainais 1h sous la douche sans me soucier de laisser de l'eau aux suivants ? Mon agenda est où, au fait ? Bah je le chercherai dans 10 jours... Ya pas foot, ya pas garderie, ya pas solfège, c'est dingue. En prime, au boulot, ya même pas de réunions, c'est vraiment une période de ouf.
Ca donne un coup de vieux, c'est certain. D'un autre côté, c'est quand même hyper gratifiant de voir que cette belle jeune fille si douée est ma fille ! Que j'ai su l'emmener pendant ces 18 ans, et qu'elle aussi a su faire de moi une vraie maman...
. Certains sont périmés (leur sujet n'est plus d'actualité). D'autres sont davantage des pense-bête pour moi que de vrais brouillons de billets. Ca en laisse quand même au minimum 50.
Je vous ai
Sur le thème des bonnes résolutions de début d'année, quelques liens en vrac :
J'ai suivi récemment une formation pour "être efficace". Bon, OK, je n'ai été qu'au premier jour sur 3, parce que le soir même, le stress m'avait bloqué le dos. (La fatigue des grèves avait aussi joué, certes.)
Allez savoir pourquoi, en effet, ce matin, mon train était plein. Alors le trajet cool de 25 minutes assise à bouquiner s'est transformé en trajet pas cool de toujours 25 minutes, mais debout. J'ai quand même réussi à bouquiner en m'appuyant dos contre la porte.
J'ai déménagé en 2005, et je suis partie habiter la banlieue lointaine. Oui, difficile de trouver une grande maison pour 7 à un prix abordable... Du coup, matin et soir, je prends le train pour aller travailler à Paris. Tout de suite, dans ma tête, j'ai alors pensé à "Donald banlieusard".
Me voila donc partie dans mes allers-retours de banlieusarde, des coin-coin plein la tête, un chouïa déprimée. L'arrivée du train en gare parisienne, les gens pressés de sortir, de courir prendre leur métro ou RER, le quai noir de monde
. Pourtant...

